Gestion locative

Incendie domestique et détecteurs de fumée (DAAF) : Réglementation, obligations et remplacement

Un incendie domestique se propage à une vitesse critique : en seulement 3 minutes, le feu peut devenir incontrôlable et la température d'une pièce peut atteindre 600 °C. Face à ce risque, qui représente la deuxième cause de mortalité en milieu domestique, l'installation d'un Détecteur Avertisseur Autonome de Fumée (DAAF) est vitale. Le point sur la législation, vos obligations et l'échéance cruciale de remplacement de vos appareils.
11.08.2026•Juliette Ovelacq•3 minutes

Loi Morange : que dit la réglementation sur les détecteurs de fumée ?

Le texte fondateur de la réglementation sur les DAAF en France est la loi n° 2010-238, dite Loi Morange, promulguée le 9 mars 2010. L’obligation légale d’équiper les logements est, quant à elle, entrée en vigueur le 8 mars 2015 (avec un ajustement toléré jusqu’au 1er janvier 2016 pour finaliser les installations).

D’après un rapport de la Fédération Française des Métiers de l’Incendie, cette mesure a eu un impact majeur : elle a permis de réduire de 25 % la mortalité liée aux incendies domestiques, soit 200 morts de moins par an.

Les règles de répartition spatiale exigées par la loi sont strictes :

  • 1 détecteur de fumée minimum est légalement obligatoire par logement.
  • 1 détecteur par niveau (ou étage) est requis pour assurer une protection efficace dans les habitations à étages.
  • L’appareil doit obligatoirement être conforme à la norme européenne EN 14604.

2025-2026 : l'échéance obligatoire pour remplacer vos détecteurs

C’est une information cruciale pour la sécurité de votre foyer : la durée de vie recommandée et maximale d’un détecteur de fumée est fixée à 10 ans.

Avec le temps, les capteurs photoélectriques et les composants électroniques subissent une dégradation inévitable. Par conséquent, tous les appareils qui ont été installés lors de l’application stricte de la loi en 2015 arrivent aujourd’hui à obsolescence. Ils doivent obligatoirement être remplacés sur la période 2025-2026.

Propriétaire ou locataire : qui doit installer et entretenir le DAAF ?

La répartition des rôles entre propriétaires et locataires est très claire sur le plan juridique :

  • L’installation à la charge du propriétaire : C’est au bailleur d’installer un DAAF à ses frais dans le logement de son locataire. Il est tenu à un devoir légal : sa responsabilité pénale peut être engagée en cas de dommages matériels et corporels causés par un incendie dans un logement non équipé.
  • L’entretien à la charge du locataire : Si la pose incombe au propriétaire, l’entretien courant doit être pris en charge par l’occupant. Le bon fonctionnement de l’appareil est d’ailleurs vérifié lors de l’état des lieux.

Entretien mensuel et normes techniques : ce qu'il faut savoir

Pour garantir que votre dispositif de sécurité est opérationnel face au danger, il est recommandé d’effectuer un test manuel du signal sonore 1 fois par mois (cette consigne s’applique également aux détecteurs de monoxyde de carbone).

Pour faciliter cet entretien et garantir votre sécurité, la norme EN 14604 impose cinq caractéristiques techniques aux fabricants :

  • La présence d’un bouton-test.
  • Un niveau sonore minimal du signal d’alarme.
  • Un délai de péremption d’un an pour les piles.
  • Des indications claires (nom et adresse du fabricant, type de batterie, numéro de lot…).
  • La fourniture d’une notice pour l’utilisateur.

À noter : Bien que les règles soient précises, les professionnels pointent encore des insuffisances en matière de répression. En effet, la législation actuelle ne prévoit ni amende, ni pénalité légale en cas de manquement, et n’impose aucun dispositif de contrôle systématique au sein des foyers. Il en va donc de la responsabilité de chacun de se prémunir contre le risque d’incendie.

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