Immobilier à Nantes : les taux baissent, les prix montent

 12.06.2019  Transaction

A Nantes comme ailleurs, la facilité du crédit est un des facteurs qui expliquent le rythme auquel le marché de la pierre se renchérit.

Les derniers pointages effectués à Nantes confirment la tendance de fond observée au niveau national : la baisse des taux qui conditionne pour une grande part l’accès  à l’emprunt immobilier,  se poursuit sur la quasi- totalité des principales durées contractuelles. A l’échelle du pays, l’Observatoire du Crédit Logement/CSA a calculé, toutes échéances de remboursement confondues, un intérêt global d’1,35% en moyenne pour le mois d’avril. Une valeur en décélération rapide depuis le début de l’année (1,45% en janvier, 1,44% en février, 1,39% en mars).  Les résultats des négociations menées sur le terrain local  rejoignent, cahin caha, les indices remontés par l’Observatoire : A Nantes par exemple, un prêt de quinze ans correspond, selon le courtier Empruntis, à un tarif d’1,20 % en fixe (prix du marché). Le taux grimpe à 1,40%  si le crédit est échelonné sur vingt ans, à 1,60% s’il l’est sur vingt-cinq.

Des taux records sur 25 ans

Cette suite de chiffres représente des moyennes raisonnables qui évoluent à la hausse ou à la baisse en fonction de la qualité des demandeurs : fin avril par exemple, Vousfinancer relayait, dans les colonnes de MustFinance.fr, des intérêts hyper-compétitifs négociés à Nantes sur des durées longues (25 ans), soit 1,01% et 1,05% pour deux couples engagés sur des prêts d’un montant respectif de 400 000 et 450 000 euros. Dans les deux cas, les emprunteurs disposaient de revenus confortables (respectivement 8 000 et 7 000 euros par mois) et ont injecté un apport personnel conséquent dans l’opération (100 000 et 80 000 euros).

Pour autant, la conjoncture actuelle est-elle comparable à celle de la fin 2016, marquée par un coût du crédit historiquement bas ? Oui, dans la mesure, où les valeurs affichées atteignent, à peu près, les mêmes niveaux planchers qu’à l’époque. Sauf qu’entre-temps, beaucoup de paramètres ont évolué : l’accès à l’emprunt s’est encore assoupli à la faveur d’un allongement de la durée des contrats (+10 mois) et le montant moyen d’apport personnel exigé par les banques a fortement reculé depuis 2015  (-65% selon MeilleurTaux). Ces assouplissements ont été consentis afin de maintenir le flux de candidatures à l’acquisition dans un contexte de forte hausse des prix immobiliers en grosses zones urbaines. Or, mécaniquement, un crédit bon marché contribue à nourrir l’inflation, même si, dans le registre du logement, il n’en est pas le seul moteur (l’attractivité économique d’un territoire et sa démographie entrent aussi en ligne de compte).

Or Nantes cumule plusieurs atouts: des taux d’emprunt compétitifs, un bassin d’emplois dynamique (moins de 7% de chômage) et  un solde migratoire excédentaire (10 à 15 000 nouveaux arrivants chaque année à  l’échelle de l’agglomération), les deux derniers étant plus ou moins corrélatifs. Ce triple effet pèse à la hausse sur les prix : à Nantes, la valeur moyenne d’un appartement atteignait, début mai,  3 100/m² environ, et celle d’une maison 3 400 euros (source : meilleursagents.com). Sur un an, la courbe progresse de +11%, un rythme supérieur à ceux qui ont été observés sur la même période à Lyon (9,9%), Rennes, (6,1%), Toulouse (+5,5%) et même Paris (+5,2%). Si la métropole de Loire-Atlantique figure aujourd’hui parmi les villes les plus chères de France, son marché immobilier reste toujours plus abordable qu’à Bordeaux, Nice ou Paris.

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