Les taux immobiliers vont rester bas en 2019 : quelles conséquences pour l’acheteur ?

 22.07.2019  Fiscalité

La concurrence interbancaire joue en faveur des candidats à l’acquisition : outre les taux bas, les garanties d’emprunt s’assouplissent et la durée des remboursements s’allonge pour compenser l’inflation immobilière dans les grandes villes. Une situation qui devrait se maintenir au moins jusqu’à la fin de l’année.

« Les taux sont quatre fois moindre qu’au début de la décennie 2000 » constate la dernière étude de référence publiée par l’Observatoire du Crédit Logement /CSA. Selon le pointage le plus récent, effectué en mai par cet organisme qui regroupe les principales banques françaises, le niveau d’intérêts négocié à l’échelle nationale s’établissait - toutes durées confondues - à 1,29%, une moyenne en décélération rapide sur le premier semestre 2019 (1,45% en janvier, 1,44% en février, 1,39% en mars, 1,35% en avril) et qui atteint aujourd’hui  un point bas inférieur au plancher déjà record de novembre 2016 (1,33%).
Cette suite de valeurs est, certes, à reconsidérer à l’aune des évolutions intervenues sur le marché immobilier au cours des trois dernières années : les prix notamment ont beaucoup augmenté dans les métropoles et les conditions d’accès au crédit se sont notablement assouplies en faveur notamment des ménages modestes. Deux raisons à cela : les établissements bancaires français, poussés par les taux bas, se livrent une rude concurrence pour soutenir la demande et maintenir leurs marges bénéficiaires. Une stratégie très offensive qui s’inscrit, en outre, dans une logique de long terme : contrairement  à ce que les projections d’observateurs envisageaient l’an dernier, rien ne laisse augurer d’une brusque remontée  du coût du crédit d’ici la fin 2019, en raison notamment des indicateurs macro-économiques. A commencer par la  politique menée par la Banque centrale européenne, laquelle, en conservant ses principaux taux directeurs à 0%, alimente l’inflation et, par ricochet, encourage les prêts aux particuliers. Ce programme ultra-accommodant, qui permet aux banques de se refinancer à bon compte, se poursuivra au moins jusqu’à la fin de l’année, ainsi que l’avait a annoncé en avril dernier le gouverneur de l’institution de Francfort.

Des prêts sur 19 ans en moyenne

Autre signal fort qui plaide en faveur d’un statu quo sur le marché de l’emprunt : le cours de l’OAT 10 (emprunts d’Etat) continue à chuter 0,1% au dernier pointage (17 juin) et navigue dans des eaux toujours plus basses,  très loin de son dernier pic survenu en octobre 2018 (0,9%). Or, les banques se fondent, en partie, sur ce curseur, pour fixer leurs barèmes.

Sur le terrain de la demande, la conjonction de ces éléments pèse sur le prix de l’argent et contribue à compenser l’inflation immobilière qui, dans certaines grandes agglomérations, confine à la flambée : pour en lisser l’impact dans le temps et accroître la solvabilité des demandeurs, les banques accordent des prêts plus longs, 228 mois en moyenne en mai 2019, soit 12 de plus qu’en 2016 et +29 par rapport à 2014. « Dans le même temps, le montant de l’apport personnel demandé aux emprunteurs se replie rapidement (- 10.6 % pour les 5 premiers mois de 2019, en glissement annuel). Une exigence moindre que l’enquête de l’Observatoire explique par la volonté des établissements bancaires de « répondre largement à la demande de ménages jeunes et/ou modestes, faiblement dotés, mais qui n’auraient pu sans cela réaliser leurs projets immobiliers, même aux conditions de crédit exceptionnelles qui leur sont proposées ».

Retour aux actualités