Immobilier : pourquoi les taux restent bas en France

 05.06.2018  Fiscalité

Immobilier nantes taux

Après une remontée rapide à l’hiver 2017 suivi d’une longue phase de stabilisation, le coût du crédit se réoriente à la baisse depuis le début du printemps dernier. Une tendance qui s’explique par la convergence de plusieurs facteurs, dont certains, plus conjoncturels, sont liés à la spécificité du marché français.

Les bonnes conditions de financement qui perdurent dans le secteur  du logement  offrent aux ménages de très intéressantes opportunités d’achat, y compris dans certains territoires urbains « en tension » où les banques, promptes à maintenir leurs marges bénéficiaires face à un léger tassement de la demande, s’emploient à faciliter l’accès au crédit pour réduire l’impact de la hausse des prix immobiliers. Sur les durées d’emprunt les plus courantes (15,20 et 25 ans), les taux du marché mesuré à l’échelle nationale  s’établissaient début juin à respectivement 1,40%, 1,65 et 1,85%, des valeurs encore tempérées par d’importantes décotes qui donnent lieu , suivant la qualité des dossiers présentés localement, à des écarts négatifs entre les barèmes affichés et la réalité des tarifs consentis après négociation.

L’intérêt moyen sous 1,50%

Lors de son pointage d’avril réalisé à partir des tendances observées sur les trois principaux types de contrats de prêts mentionnés plus haut, l’Observatoire Crédit Logement/CSA retenait un niveau d’intérêt global d’1,47%, après 1,49% en mars et 1,48% en février, tous inférieurs au montant observé l’été  précédent (1,57% en août 2017) et très en deçà  du dernier pic d’octobre 2015 (2,23%).

Cette situation favorable va-t-elle se poursuivre ? Oui, si tous les éléments économiques propices au statu quo continuent à converger. Or, aujourd’hui, l’environnement économique joue plutôt en faveur des emprunteurs, ce qui semble devoir les préserver d’un brusque retournement de situation sur le front des taux immobiliers. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à la courbe de l’OAT 10 ans (Obligations assimilables du Trésor) qui reflète le cours des emprunts d’Etat, indice financier –et valeur refuge - auquel les banques se réfèrent pour fixer le coût des crédits qu’elles commercialisent : son cours est reparti à la baisse le 20 mai dernier pour atteindre un nouveau point bas dix jours plus tard (0,68%), loin de la barre symbolique du 1% qu’il avait franchi il y a déjà plus d’un an, en avril 2017.

Des taux plus bas en France qu’ailleurs

Autre signe positif : la banque centrale européenne maintient son principal taux directeur à 0% afin d’encourager  les établissements à prêter à bon compte aux ménages et aux entreprises. Une stratégie monétaire ultra-accommodante que l’institution de Francfort n’infléchira sans doute pas cette année, malgré l’accélération de l’inflation en mai (+1,9%).

Enfin, rappelons que les taux français restent parmi les plus compétitifs d’Europe, comme l’a confirmé une récente étude Crédit Foncier/Asterès. Phénomène qui s’explique notamment par une rude concurrence bancaire dont les effets se sont encore intensifiés au printemps, période traditionnellement marquée par une reprise de la demande immobilière sur laquelle les organismes prêteurs tentent de rebondir pour compenser les pertes consécutives à un premier trimestre fortement ralenti (les  demandes de financement ont reculé de 16% par rapport à 2017). Ce contexte national pousse donc les établissements français à accentuer l’agressivité de leur politique commerciale en ajustant leurs taux de crédit à la baisse : « Cela est d'autant plus nécessaire que le recentrage des aides à l'accession et l'évolution des prix se font sentir sur le marché, et viennent amplifier l'effet manque d'offres » (source : Empruntis).

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