Immobilier : les taux de crédit ralentissent en septembre

 18.09.2017  Transaction

Immobilier : les taux de crédit ralentissent en septembre nantes Rezé St Nazaire

L’impact de la remontée des intérêts d’emprunt n’a pas enrayé le dynamisme du marché de l’immobilier au premier semestre 2017. Bien qu’orientée à la hausse depuis dix mois, l’évolution des taux a été très lente et semble même, ici ou là, se retourner légèrement en faveur des ménages.

Après une assez nette accélération l’hiver dernier, suivie d’une phase de progression en pente douce entre mai et août, le rythme des taux d’intérêt amorce, dans certains établissements bancaires, un très léger recul. Les pointages réalisés en septembre par les courtiers en crédit immobilier confirment cette tendance et mettent en évidence des niveaux de remboursement encore attractifs, de l’ordre de 1,75% en moyenne sur vingt ans et 1,55% sur quinze selon les relevés effectués à l’échelle nationale par le réseau Meilleurtaux.com.

L’OAT 10 ans n’évolue pas

Depuis son point bas historique atteint en novembre 2016 - date à laquelle la courbe des taux a commencé à s’inverser- le prix moyen du crédit négocié sur la durée la plus courante pour un ménage emprunteur (20 ans), s’est renchéri de 0,3% à 0,4%. Un écart encore trop faible pour remettre sérieusement en cause les opportunités d’achat sur le marché de l’habitat.

En septembre, d’infimes corrections à la baisse (entre -0,05% et -0,15%) ont même été observées chez certains opérateurs bancaires soucieux d’envoyer un signal positif avant l’automne, saison traditionnellement propice à un redémarrage des transactions immobilières.

Dans l’hypothèse où ce calme serait trompeur, à quelle échéance faut-il anticiper une prochaine remontée des taux d’intérêts ? A l’heure qu’il est, le contexte macro-économique ne laisse présager aucun brusque retournement de situation, du moins pas avant 2018. Un statu quo provisoire qui tient à deux raisons : Premièrement, le cours actuel de l’obligation d’Etat à 10 ans (OAT), un des principaux facteurs d’influence du coût du crédit, reste orienté favorablement. Après avoir atteint deux pics le 17 mars (1,2%) et le 10 juillet (0,9%), cet indice scruté à la loupe par les banques est aussi bas qu’en novembre 2016 (0,7%).

Un tournant fin 2017 ?

Deuxièmement, la stratégie monétaire engagée à l’échelle de la zone euro encourage le prêt bon marché grâce à des taux directeurs maintenus à leur niveau plancher. Cette politique ultra-accommodante, déjà prolongée l’hiver dernier par la banque Centrale Européenne (BCE) pour provoquer une accélération de l’inflation via le rachat en masse de dettes publiques, arrive officiellement à son terme le 31 décembre prochain. Rien n’indique toutefois qu’après cette date Mario Draghi, président de l’institution financière de Francfort, infléchisse radicalement sa position.

Au plus près du terrain en revanche, des évolutions réglementaires susceptibles de peser sur les marges des groupes bancaires pourraient conduire certains acteurs du marché à faire varier à la hausse les taux d’emprunt, dans une logique de compensation : comme le prévoit l’ordonnance du 1er juin 2017, la domiciliation des revenus d’un ménage sur un compte ouvert auprès de l’établissement prêteur nécessitera désormais des contreparties tarifaires avantageuses. Outre cela, la durée maximale de cette domiciliation a été fixée à dix ans (voir décret du 14 juin 2017).

A partir de janvier 2018 également, la résiliation annuelle de l’assurance emprunteur sera étendue à tous les crédits en cours. Un assouplissement assez mal perçu dans le milieu bancaire qui craint d’avoir à subir de nouvelles pertes de recettes.

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