Trois règles pour réduire la consommation d’énergie à la maison

 17.01.2019  RSE

Un quart des émissions de dioxyde de carbone (CO2) provient d’une surconsommation des équipements domestiques, signale l’Ademe dans son étude « la face cachée des objets ». Comment enrayer cette tendance nuisible pour la planète ?

Si beaucoup de français sont capables d’estimer le coût d’un déménagement, savent-ils combien il pèse ? L’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) a récemment estimé à 2,5 tonnes la masse cumulée de l’ensemble des meubles et appareils électroménagers entreposés dans un logement. Il s’agit bien sûr d’une moyenne dont la variation à la hausse ou à la baisse dépend tout à la fois de la superficie d’une maison (ou d’un appartement) que du niveau de revenus de ses occupants.

Mais le chiffre a de quoi interpeller lorsque les experts de l’Ademe le placent dans une autre perspective : ainsi, le volume de matières premières qu’il a fallu extraire pour fabriquer ces 2,5 tonnes d’équipements est près de 20 fois supérieur à leur poids global en tant que produits finis. A cette surexploitation des ressources naturelles, s’ajoute le facteur aggravant de la pollution, mesurée en quantité de Co2, soit un total de « 6 tonnes » émis « pendant tout le cycle de production ».

On l’a compris, ce n’est pas l’usage excessif de ces appareils domestiques que l’Ademe semble vouloir remettre en cause, mais bien un phénomène de suréquipement auquel les ménages ont d’autant plus de mal à résister qu’ils tendent à le minimiser : chaque français -locataire ou propriétaire- pense « posséder en moyenne 34 équipements électriques et électroniques dans son logement ». Or, la réalité est toute autre : par foyer, l’Agence de l’Environnement « en comptabilise jusqu’à 99, dont 6 ne sont même pas utilisés».

Autre exemple très significatif fournie par l’étude : la télévision. Près de 95% des français possèdent au moins un poste chez eux (le taux d’équipement s’établit à environ 1,6 par logement, source CSA à fin 2017), malgré la multiplicité des supports alternatifs que sont les ordinateurs, les tablettes et les smartphones. L’Ademe estime que « la fabrication d’une TV génère, en quelques semaines ou mois, un dégagement de CO2 équivalent à 350 kilos » alors que son utilisation sur le long terme, pendant toute la durée de vie de l’appareil -peut être dix ou quinze ans -présente un bilan carbone six fois moindre (60 kg).

Sur la base de ces différents constats, les préconisations formulées dans l’étude s’apparentent, selon ses auteurs, à de simples mesures de « bon sens » indissociables d’une prise de conscience collective autant qu’individuelle.

Eviter de suréquiper son logement

C’est le principe premier, le plus dur à respecter dans la mesure où il implique de résister aux sirènes de la consommation et à la logique de surenchère qu’elle engendre. Il s’agit, par exemple, de s’interroger sur l’opportunité d’un achat avant de se lancer : les familles qui possèdent déjà deux frigos ont-elles besoin d’en acquérir un troisième ? En cas de panne, est-il plus judicieux d’investir dans du matériel neuf que de faire réparer ?

En avril 2018, la déléguée d’une marque d’électroménager signalait au magazine Capital que « 40% des gros appareils remplacés seraient encore en état de fonctionner après un passage chez le dépanneur ». Un fait qui soulève une problématique plus globale : celle de l’obsolescence programmée que les fabricants sont soupçonnés de pratiquer pour maintenir (voire augmenter) à des fins mercantiles le taux de renouvellement de leurs marchandises. Depuis 2015 et la mise en œuvre de nouvelles mesures visant à faciliter la transition énergétique, cette arnaque à la consommation est devenue un délit de droit commun passible de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. A ce dispositif répressif va s’ajouter, en 2020, une réglementation préventive qui se traduira par la mise en place d’un indice dit de « réparabilité » destiné à évaluer, dès la vente, la durée de vie potentielle des équipements électroniques et des appareils électroménagers.

Opter pour des équipements sobres

Dans une même gamme de produits (TV, téléphones connectés, tablettes numériques), les formats les plus grands « entraînent des poids carbone et matières plus élevées » par rapport aux modèles de tailles inférieures, signale l’Ademe. Il est par exemple établi qu’un téléviseur doté d’un écran de 160 cm (en diagonale) consommera à lui seul autant d’électricité que 3 ou 4 postes deux fois plus petits que lui (80 cm). Le même problème se pose pour un réfrigérateur américain, beaucoup moins économique qu’un frigo plus traditionnel. En Europe, une norme d’étiquetage s’impose aux matériels électroménagers et aux ampoules d’éclairage : le système, qui repose sur un code couleur associé à un système de notation décroissant, permet aux clients d’évaluer et de comparer - avant l’achat-  la performance énergétique de tous les équipements domestiques. La règle va toutefois être simplifiée en 2019 : le classement s’effectuera sur une échelle allant de A (plus économe - en vert) à G (moins économe - en rouge)

Prendre soin de ses appareils

Selon le Gifam (Groupement Interprofessionnel des Fabricants d’Appareils d’Equipement Ménager), les durées de vie moyennes d’un réfrigérateur, d’un congélateur, d’un lave-vaisselle et d’un lave-linge s’élèvent à respectivement 11, 13 et 10 ans (pour les deux derniers). Ces délais indicatifs sont toutefois des moyennes hautes qui supposent un entretien régulier des matériels : Selon l’association  60 millions de Consommateurs, un réfrigérateur qu’on ouvre quinze fois par jour absorbe un surcroit d’électricité de +17% ! Les précautions d’usage à appliquer passent par des gestes simples : éloigner les équipements des sources de chaleur (une cuisinière par exemple), éviter les surcharges, veiller à dégivrer les congélateurs, à nettoyer les grilles arrières d’un frigidaire (là où se trouve le condenseur), et à vider de tous résidus les filtres des lave-linge et lave-vaisselles.

L’Ademe conseille aussi « de respecter les conditions normales d’utilisation » de ces appareils, « de les réparer ou les faire réparer en cas de panne, lorsque cela est possible, ou/et de leur offrir une seconde vie, en les donnant ou les revendant ».

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